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Mirabell Studio - NINO de Pauline Loquès

NINO de Pauline Loquès

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Nino est le premier long métrage de Pauline Loquès qui, marquée par la grave maladie d’un proche dans sa famille, s’est plongée dans l’écriture de cette histoire d’une sensibilité bouleversante, où la vie d’un jeune homme de 29 ans est chamboulée par l’annonce d’un cancer, bousculant alors son regard sur la vie, sur ses proches et sur lui-même.

Le film s’ouvre sur le personnage de Nino qui déambule dans un hôpital. Une médecin lui annonce la date de son premier jour de chimio alors qu’il n’avait même pas été prévenu qu’il était atteint d’un cancer de la gorge. La nouvelle est d’autant plus cataclysmique qu’il pensait juste avoir un traitement pour un mal de gorge et une fatigue persistante. Nous sommes vendredi, jour de son 29ème anniversaire, et sa première chimio doit intervenir dès lundi matin. La cinéaste va alors suivre les errances de Nino tout au long de ce week-end où il plonge dans un état de flottement et d’incertitude, alors même qu’il se retrouve à la porte de chez lui, ayant perdu ses clés. Comme l’explique Pauline Loquès : « j’ai trouvé assez vite qu’il allait perdre ses clés, parce que sinon, il va rentrer chez lui, et il ne va rien se passer dans ce film. Le mouvement est quelque chose qui me permet d’exprimer les idées qui viennent. (…) Et j’avais envie de filmer Paris, de montrer ce que ce serait d’avoir un diagnostic de maladie dans une grande ville où le réconfort est difficile à trouver. C’est assez hostile. Les gens sont dans leur vie, donc ce n’est pas n’importe quelle errance non plus. C’est vraiment une errance dans la ville. Paris offre, comme n’importe quelle grande ville, des perspectives, des rencontres. J’aimais bien ce que ça ouvrait aussi » (interview de P. Loquès, in Baz’Art). Le film dessine ainsi un portrait de Paris plein de vivacité, débordant d’une énergie qui peut oppresser Nino, jeune homme parmi les autres qui se fond dans ce quartier de Belleville, décor agité et ondoyant où il ambule à travers la foule.

La directrice de la photographie Lucie Baudinaud explique : « Au début du film, la caméra est souvent en surplomb afin de montrer Nino seul au milieu des autres. Quand il se dirige vers son appartement, Nino est toujours vu depuis l’intérieur, à travers des vitrines ou des vitres de café, de sorte que l’on sente une vie dans Paris à laquelle il n’accède pas. Il ne voit personne et personne ne le voit. Cette idée que la solitude, où que l’on soit, se vit intérieurement » (interview de L. Baudinaud, in AFC). La perte de ses clés et l’absence du gardien d’immeuble induisent une impossibilité de repli dans son appartement, éloigné de ses repères habituels où il aurait pu s’isoler. Ce qui engendre automatiquement le mouvement, Nino étant voué à se déplacer, et par conséquent à aller à la rencontre des autres, personnes qui sont importantes pour lui comme sa mère, son ex-copine, son meilleur ami, ou d’autres qui croisent son passage. Chacune de ces personnes amène sa petite touche, cette petite lueur dans laquelle Nino puise quelques petits riens qui, accumulés, lui procurent une aide minutieuse pour faire face à cette annonce qu’il ne confie à personne, incapable de prononcer ces mots qui seraient une déflagration. Pourtant il cherche un proche qui pourrait l’accompagner lundi matin pour débuter sa chimio. La désorientation de Nino, sa fébrilité, donnent une autre dimension à sa relation aux autres. Ces instants de flottement où il parle peu, alors que les autres s’expriment, procurent des moments de vie qui enrichissent le parcours d’errance du jeune homme.

Lorsque la directrice de la photographie Lucie Baudinaud rencontre Pauline Loquès, cette dernière lui parle intensément du jeune acteur Théodore Pellerin qui joue Nino, et Lucie saisit instantanément la « fascination » de la réalisatrice pour Théodore. « Cette envie de filmer va alimenter un désir presque dogmatique : les visages » (AFC, L. Baudinaud). Effectivement, alors qu’elles explorent ensemble le scénario, les différentes séquences sont examinées et L. Baudinaud suggère quotidiennement des « références visuelles » qui les amènent rapidement à un style épuré, caractérisé par une certaine simplicité et un minimalisme où les visages seront filmés sur des fonds unis et plutôt clairs, avec une décoration dépouillée, où aucune fioriture n’envahit la blancheur des murs. Tout ceci pour mettre en exergue les visages. De surcroît, la directrice de la photo explique dans son interview dans AFC : « Il s’est manifesté le besoin que rien n’ait plus d’éclat que Nino. Par exemple, il n’y a pas d’ampoules apparentes dans le film, pas d’opalines, elles sont toujours masquées par des coques afin qu’il n’y ait rien qui attire plus l’œil que les visages ». La réalisatrice capte ainsi avec beaucoup de douceur la sidération, l’inquiétude, la fragilité de son Nino, mais aussi l’impulsion de vie qui pénètre peu à peu le jeune homme. Et cela en s’abstenant de tomber dans le moindre pathos.

Plus le récit avance, plus un élan vital habite Nino. Ce qui induisit d’ailleurs un travail sur la carnation du personnage qui se calqua sur ce mouvement progressif tout au long de ce week-end. A partir de la teinte pâle de la peau de Théodore, il était important d’avoir à l’image une chair plus éclatante, l’idée étant de rajouter du rouge au fur et à mesure que le temps passe. Trois valeurs de rouge furent donc nécessaires pour suivre l’évolution du personnage.

En matière de découpage, Pauline et Lucie ont choisi d’être très libre sur leurs choix d’axes, afin d’obtenir des cadrages de Nino sous différents angles. De surcroît, comme le confie Lucie, « le découpage est aussi nourri d’une réflexion sur un mélange des focales assez libre, ce qui n’est pas si fréquent dans les films à la première personne. (…) Pauline aime beaucoup ce qu’elle appelle les « décrochages » : une caméra en très longue focale qui cherche et s’arrête sur quelqu’un ou quelque chose, et puis le point se fait. Nous avons fait plusieurs tests en ce sens aux essais filmés et ces rushes ont été conservés dans le montage final » (AFC).

La réalisatrice nous imprègne délicatement de ces trois jours en suspens, en mesurant la moindre des pulsations d’un jeune homme décontenancé, où la mort côtoie la vie à coups de rencontres a fortiori vivantes et touchantes. La pulsion de vie s’insère aussi à travers une collecte mécanique et médicale : celle du sperme de Nino à qui l’hôpital demande d’en prélever dans un pot en plastique et de le ramener avant la première chimio, au cas où il voudrait un jour devenir père, si l’avenir est rayonnant. L’idée de jouissance face à l’annonce d’un risque de mort, et cela dans les 48h qui suivent, est déconcertant, même si l’urgence de la situation est inflexible. Et c’est par la rencontre inopinée avec une ancienne camarade de collège que cette étape, d’une froideur déroutante, sera franchie, mais là encore avec une intelligence de cœur émouvante.

La scène finale du film, elle, transparaît comme une renaissance, lorsque l’infirmière accroche un petit bracelet, a l’instar des nouveaux nés, au poignet du jeune homme. Et la présence de son meilleur ami, qui a appelé tous les hôpitaux pour savoir où la chimio avait lieu, renforce encore les liens que Nino a avec lui. La gravité du sujet se retrouve à tout moment assaillie par les merveilleuses rencontres à la fois tendres (avec sa maman), étranges (avec l’homme des bains-douches), amicales, drôles parfois, inattendues aussi. Un souffle d’humanité traverse la déambulation ouatée de Nino, en flottaison au gré des personnes qu’il croise, dans un Paris à la fois écrasant et ouvert à de multiples possibilités.

 

 

Réalisation : Pauline Loquès / Scénario : Pauline Loquès ; collaboration au scénario : Maud Ameline / Direction de la photographie : Lucie Baudinaud / Montage : Clémence Diard / Son : Nassim El Mounabbih / Production : Blue Monday Productions / Distribution : Jour2fête / Comédiennes et comédiens : Théodore Pellerin (Nino), William Lebghil (Sofian), Salomé Dewaels (Zoé), Jeanne Balibar (mère de Nino), Mathieu Amalric (Homme des Bains-Douches), Camille Rutherford (Camille), Estelle Meyer (Lina)

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