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Mirabell Studio - Au pays de nos frères De Alireza Ghasemi et Raha Amirfazli

Au pays de nos frères De Alireza Ghasemi et Raha Amirfazli

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Après avoir coréalisé un court métrage, « Eclipse », les iraniens Alireza Ghasemi et Raha Amirfazli ont proposé à leur producteur Adrien Barrouillet de les accompagner dans leur nouveau projet, un premier long métrage qui se penche sur la situation des immigrés afghans dans leur pays natal, l’Iran.

Le « Pays de nos frères » est l’appellation attribuée à l’Iran par les millions d’Afghans qui se sont réfugiés chez leurs « frères » iraniens, fuyant leur patrie originelle. Mais ce lien fraternel n’est-il qu’une apparence feinte ? La discrimination n’est-elle pas ancrée envers ces citoyens qui n’en sont pas véritablement, leurs droits n’étant pas les mêmes que ceux des iraniens ? L’état de vulnérabilité sociale que rencontre cette population afghane va être mise en exergue par ces deux cinéastes iraniens qui ont grandi à Téhéran auprès de ces réfugiés : « Nous avons vécu des expériences partagées avec les réfugiés afghans en Iran. La deuxième et la troisième génération de réfugiés afghans sont en fait nés et ont grandi en Iran. Ils sont supposés être des iraniens, mais ils n’ont pas la nationalité iranienne, mais nous allions avec eux à l’école, nous jouions ensemble dans les rues, c’est comme si ils étaient iraniens, nous avons plein d’expériences de vie communes avec eux. Et je pense que ces expériences partagées ont nourri les histoires que nous avons écrites pour notre film » (Alireza Ghasemi, interview effectuée par Les pipelettes du Concorde).

Le développement du scénario s’est ainsi imprégné des souvenirs des deux réalisateurs, mais il s’est aussi construit à travers des recherches de témoignages, issus de documentaires et de livres, afin de mettre en avant la manière dont les afghans ressentent ce qu’ils vivent au quotidien, et de mettre ainsi en exergue la discrimination qui perdure envers les minorités. Surtout que cette discrimination s’est durablement enracinée en Iran, sans véritablement évoluer. Rien ne bouge quant à leur situation, alors que plusieurs générations sont nées depuis les primo-réfugiés. C’est pour cette raison que les deux cinéastes ont décidé de scinder leur film en trois parties, relatant trois histoires différentes, au sein de trois lieux distincts, au cours de trois décennies : 2001, 2011 et 2021. Les trois protagonistes mis en avant, Mohammad, Leila et Qasem, appartiennent à une « famille étendue », mais chacun va vivre sa propre expérience et malgré les décennies qui passent, les difficultés et la survie de ces personnages demeurent, a l’instar du mythe de Sisyphe, que les cinéastes revendiquent comme un symbole. A. Ghasemi explique que « cette métaphore de Sisyphe symbolise ce poids de génération en génération. D’une génération de réfugiés à une autre, la situation se répète, encore et encore et encore. C’est ce qui nous a fait écrire sur différentes époques et différents personnages » (Les pipelettes du concorde).

La première partie, qui se situe en 2001, narre l’histoire d’un adolescent réfugié afghan d’une quinzaine d’années, Mohammad, réquisitionné de manière arbitraire en sortant du lycée par un policier iranien qui se révèlera être un prédateur. Ce dernier l’oblige, après les cours, à déménager les archives d’une cave inondée. Le jeune homme, terrorisé et craignant l’expulsion, tombe dans ce piège abject sans oser en parler à sa famille. Le soir, il rentre dans une ferme où une communauté afghane réside, et où il est amoureux de Leila, jeune fille déjà promise à un autre, et qui sera l’héroïne de la deuxième partie du film. Le frère de Leila, Qasem, sera au centre de la troisième partie.

Le deuxième récit, situé en 2011, a donc Leila pour personnage central. Elle et son mari s’occupent d’une résidence secondaire au bord de la mer d’une famille iranienne aisée qui arrive pour passer le Nouvel an persan avec des amis. Mais en début de journée, Leila trouve dans sa chambre son mari mort et décide de cacher son décès à ses employeurs, de peur d’affronter les autorités et d’être privée de son emploi. Elle veut de surcroît protéger son petit garçon. La situation est elle aussi effroyable.

Quant à la troisième partie, elle se déroule en 2021. Qasem est convoqué au Ministère des affaires étrangères. Lui et sa femme sourde-muette pensaient que leur fils était parti en Turquie. Mais la réalité est tout autre : son fils est mort en Syrie, combattant contre le terrorisme pour le service du régime iranien. Sa mort représente un sacrifice d’une insolence extrême, permettant ainsi à ses parents d’obtenir leur nationalité iranienne. Anéanti, Qasem n’ose l’annoncer à son épouse.

Ces trois récits ont pour point commun de signifier la vulnérabilité et la précarité des réfugiés, qui dépendent du bon vouloir de certains citoyens iraniens et des situations rencontrées face à lesquelles ils se retrouvent en état de survie, craignant d’être ostracisés et expulsés. Le constat est sans équivoque : toutes ces personnes sont dépréciées, fragiles et c’est l’humiliation de cette discrimination qui nous frappe à travers ces trois histoires. Ces individus n’ont pas les mêmes droits que les citoyens iraniens, et c’est une constante depuis des décennies. Il faut user de ruse pour survivre.

Alireza Ghasemi et Raha Amirfazli ont absolument désiré tourner en Iran, mais ils ont été obligés d’aller chercher des financements en dehors de l’Iran, vu les difficultés qu’ils allaient rencontrer avec ce film. Ils voulaient de surcroît que les comédiens soient des afghans vivant en Iran.

Pour ce qui est du financement, le producteur Adrien Barrouillet (Furyo Films) explique qu’il était ardu de faire parvenir de l’argent aux réalisateurs en Iran, ne pouvant pas faire de virement bancaire. Le transfert d’argent a donc été extrêmement complexe. Evidemment il a été obligatoire de soumettre le scénario aux autorités iraniennes pour que l’autorisation de tourner fut accordée. Les deux cinéastes usèrent alors d’un stratagème qui leur facilita l’acceptation des autorités requises : ils dirent qu’ils désiraient tourner un court métrage. En effet, la vigilance reste moins conséquente que pour les longs métrages. Ils obtinrent donc la permission et le film fut réalisé en trois temps distincts, à différentes saisons, a l’instar de trois tournages de courts métrages. Grâce à cette stratégie plus discrète, ils ont réussi à éviter la censure, même s’ils ont rencontré certains problèmes : « Alireza et Raha ont connu quelques difficultés car ils sont quand même apparus sur le radar des autorités (…). Tout cela reste cependant encore aujourd’hui un peu mystérieux, car nous n’avons jamais su ce que les autorités iraniennes savaient exactement. Mais sur le tournage il y a eu quelques alertes, des moments où Raha et Alireza ont eu très peur. Nous avons eu la chance que tout se termine bien. Mais la pression est montée au point qu’ils ont vraiment dû quitter l’Iran » (CNC, Adrien Barrouillet, producteur de Furyo Films). Il était en tout cas impensable pour les cinéastes de tourner ailleurs qu’en Iran, et il était primordial de faire jouer des afghans d’Iran, parce que c’est leur histoire, leur ressenti. Ce sont des acteurs non-professionnels qui jouent dans le film, apportant chacun sa propre sensibilité, avec une belle authenticité. En ce qui concerne les rushes, ils n’ont évidemment pas été visibles au cours du tournage, puisque trop périlleux pour les acheminer en France facilement. Cependant, entre chaque période de tournage, les deux cinéastes se sont rendus à Paris pour faire découvrir leurs images.

Le montage a été réalisé en France par Hayedeh Safiyari (qui a entre autres travaillé avec Asghar Farhadi). L’étalonnage et les effets spéciaux ont été réalisés en France aussi. Mais la production son a été faite aux Pays-Bas. Un des challenge pour les cinéastes fut que « Au pays de nos frères » touche autant le peuple iranien que le public d’ailleurs. Ils ont en effet inséré de nombreuses références que les iraniens peuvent appréhender d’emblée, saisir immédiatement, alors qu’elles pourraient peut-être ne pas être tout à fait comprises par les autres.

Quant à la préparation, les deux cinéastes ont soumis près d’un millier d’images issues d’œuvres picturales, de photographies ou de films, à toute leur équipe, afin d’en discuter, de communiquer autour d’elles : « Nous avons discuté en plusieurs sessions avec notre monteur, notre directeur de la photographie, avec notre compositeur, quels plans pour quel chapitre, ce que nous devions garder ou non. (…) Nous parlions beaucoup, même avec nos acteurs, des émotions des personnages, des cadres, même les angles des caméras, la colorimétrie des plans » (A. Ghasemi, Les pipelettes du Concorde). Pour les deux cinéastes iraniens, « l’image devait être belle », même si le sujet était difficile. C’était un impératif qui leur était cher. Aujourd’hui, Alireza vit à Paris, et Raha a posé ses valises à New York. Comme beaucoup d’artistes iraniens, ils ont dû avec regret quitter leur patrie. « Au pays de nos frères » est un film qui dénonce l’invariabilité de la situation implacable vécue par les afghans réfugiés en Iran, même sur les générations suivantes nées dans le pays. Cette inflexibilité trahit une différenciation de jugement à l’adresse d’êtres humains qui ne demandent qu’à s’intégrer dans cette terre d’accueil qui ne leur offre pas les mêmes droits. A moins d’un sacrifice cher payé… Les deux cinéastes filment leurs personnages avec beaucoup de sensibilité, tout comme ils tiennent à montrer leur beau pays auquel ils sont profondément attachés. Mais il est primordial pour eux de dénoncer la discrimination même s’ils en paient le prix cher. Cette volonté de justice et d’égalité est ancrée en eux.

 

 

Réalisation et Scénario : Alireza Ghasemi et Raha Amirfazli / Directeur de la photographie : Farshad Mohammadi / Montage : Hayedeh Safiyari / Décors : Saeid Asadi et Hamed Aslani / Compositeur : Frédéric Alvarez / Avec : Hamideh Jafari (Leila), Bashir Nikzad (Qasem), Mohammad Hosseini (Mohammad), Marjan Khaleghi (Hanie), Hajeer Moradi (Asgari), marjan Ettefaghian (Negin), Mehran Vosoughi (Benham) / Production : Furyo Films, Limited Circle, Baldr Film / Distribution : JHR Films / Distribution internationale : Alpha Violet / Sortie : 02/04/2025

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